David le Breton dans son ouvrage : Disparaitre de soi : une tentation contemporaine explique les différents moments  où l’on s’efface du monde, ce qu’il nomme : la blancheur.

Ce qu’Alain Ehrenberg appelle « la fatigue d’être soi » (1998).

Métaillé, 2015 – Collection Traversées

Il décrit cette blancheur au travers de ces 4 prismes :

  1. Dans le temps et spécifiquement à l’adolescence et à  la vieillesse
  2. Au travers les pathologies dépressives et narcissiques ou  des conduites à risques
  3. Comme échappatoire des contraintes sociales ou économiques
  4. A l’ère de l’individualisation du sens face aux valeurs communes

Pour tout ce qui n’est pas d’ordre pathologique, on comprend bien l’idée paradoxale où la disparition des valeurs communes entraine le vertige d’être face à soi-même  avec ces injonctions contradictoires:

  • développer des techniques de conscience de soi pour disparaitre de soi.
  • faire face à l’individualisation si on peut s’échapper des contraintes
  • subir une charge trop lourde de responsabilités nous pousse à disparaitre de nous même.

Bref, plus on est face à soi, plus on veut s’en échapper !!

Détails du chapitre 4 surAlzeihmer : disparaitre de son existence – Alzeihmer p.135 .

David le Breton. Disparaitre de soi : une tentation contemporaine

Aux prises avec ce sentiment d’incapacité existentielle, les personnes agées en viennent à considérer comme perdu d’avance le combat permettant de demeurer sujet de leur propre vie.

C’est alors dans ces moments, lorsque le simple fait d’exister est devenu intolérable, que ces personnes s’abandonnent à la « blancheur »

Le chapitre consacré à la maladie d’Alzheimer avance l’idée d’une interrelation entre la maladie dégénérative et le choix du patient de se retirer du jeu de la vie. De se mettre en retraite de soi-même. L’idée est délicate puisqu’elle questionne la part de responsabilité individuelle dans la maladie, mais elle s’inscrit dans la continuité des travaux de Balier 1979 et Le Ru 2008 : « nous devons appréhender le syndrome démentiel comme une interrelation entre l’atteinte organique et la personnalité ».

lecture : extrait du chapître 4